résidence 3

ensemblage par chantal t paris

résidence de recherche-création au brésil

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séjour dans la ville de sao paulo + résidence d’un mois à la casa na ilha, ilhabela

financement reçu du calq — déplacement

〉 automne 2017, plage novembre-décembre

matière

la nécessité d’écrire autrement, d’un ailleurs, sans fuite.

être mon propre dispositif.

en relation avec l’émergent.

regénérer les sens d’un self-toghetherness.

toucher à la teneur de ce qui peut s’échapper des rets capitalistes, de ce qui devient capital, existant, lorsque temps, espaces et consistances sont ouverts.

me syntoniser avec l’environnant.

tracer, ainsi, de nouvelles connexions par des gestes et un imaginaire vitalisés.

recartographier ma pratique.

→ cette résidence a signé le tournant environnemental de ma pratique et mis de l’avant le mouvement qui y pulsait aussi en sourdine. j’ai œuvré en faisant migrer la performativité de l’écriture vers le performatif, engageant ma corporalité dans des actions d’écoute mobiles sur le territoire.

parc ibirapuera, île d’ilhabela et culture afro-brésilienne animent ce projet toujours courant. 

l’île d’ilhabela, forêt tropicale atlantique, est un microcosme des richesses en tensions qui forment cette autre amérique. principalement constituée d’une jungle peuplée d’une foisonnante faune, flore et acoustique, elle constitue une zone de préservation écosystémique. seule une petite portion en est habitée. des communautés traditionnelles caiçaras, de descendance autochtone, africaine et européenne, y demeurent toujours selon leur mode de vie ancestral, partageant leur espace avec une population locale et voyageuse bigarrée. cette cohabitation sensible est menacée par des intérêts développeurs, reconduisant par le capitalisme les affres du passé colonialiste de ce site.

en cours de résidence, j’ai eu l’occasion d’apprendre sur la manière de vivre et de penser des caiçaras en relation avec la mer, sur les difficultés qu’ils rencontrent, sur les techniques et les stratégies qu’ils activent pour garder leurs traditions vivantes, en adaptation avec la vie contemporaine.

j’ai arpenté ce fabuleux territoire de façon mobile — délestée de l’ordinateur par une tempête tropicale qui en a dès les premiers jours court-circuité la carte mère —, activant autrement les réalités virtuelle et actuelle, par attentions aux textures micro, méso et macro environnantes, en relations de résonance avec les humains et autres qu’humains rencontrés.

ce brésil complexe m’a offert des savoirs inouis. des rythmes et accords singuliers. un sens de justesse. 

oeuvre

un objet accompagné d’un texte inédit, en cours d’édition, créés sur un principe que je qualifie de spéculation de concrète, véhiculent le propos et l’expérience de cette résidence.

l’objet en question, un handsurf aussi nommé handplane, sert aux bodysurfer.euses qui le portent à la main à se diriger et à se propulser dans les vagues. celui offert a été spécialement ouvragé par un artiste local nommé wagner, à partir d’une retaille de bois d’anarcadier, un arbre endémique et emblématique du brésil. le texte composé prolonge et active la technicité de l’objet et constitue ma contribution.


ce duo objet·texte innatendu à pris forme à travers un partage de valeurs non monnayées, des gestes moléculaires, transatlantiques, inscrits dans une réciprocité, incluant un riche échange conversationnel à propos de perspectives environnementales, politiques, sociales et personnelles viables, des enjeux qui nous importent mutuellement. cette communication s’est continuée.


de cette résidence a émergé le projet tenir courant, animé par l’objet·texte créé.

sous inspiration

du texte the obligation to self-design du penseur boris groys • du manifeste anthopophage/anthropophagie zombie, d’oswald de andrade et suely rolnik • du livre aga viva, de clarice lispector • de la pensée neuroesthétique de la philosophe catherine malabou.